10.11.2006
Une demi-mesure supplémentaire
Pour mon premier devoir de Government, j’ai eu un B ! Pour dire que le niveau demandé n’est pas très élevé.
En histoire, j’ai fait hier la connaissance d’une fille un peu excentrique à sa façon de s’habiller, Emie, et qui n’arrête pas de me poser tout un tas de questions. Je pense que je dois être une sorte d’amusement, de curiosité pour elle. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui encore, elle ne me lâche pas. Je traîne donc en sa compagnie avec Jason et Wolfgang.
De retour à la maison, j’ai joué au basket avec un mec du voisinage qui prend le même bus que moi. Le soir, après le repas, nous sommes retournés au lycée pour voir le match de football américain par lequel notre équipe, les Warriors, entament la saison régulière.
Comme dans les autres sports, les joueurs composant cette équipe sont recrutés après deux ou trois après-midi de tests, les Try-out, et suivent un entraînement quotidien de 14h30 à 17h30. Le championnat leur permet de rencontrer d’autres lycées du district avec à la clef, pour la meilleure équipe, une place en final d’Etat. En automne-hiver, ce sont le football américain, le basket, le hockey sur glace et la lutte qui sont les sports rois.
Le public est venu nombreux pour remplir les gradins et les cheerleaders, dans leurs tenues affriolantes, font le nécessaire pour mettre de l’ambiance. En France, celles que l’on nomme les pom-pom girls sont en fait des cheerleaders, « to cheer » signifiant « acclamer ». Grâce à des chorégraphies qui n’ont rien à voir, selon elles, avec de la danse, elles ont pour rôle de supporter leur équipe et d’inciter le public à conserver leur enthousiasme. A la mi-temps, la fanfare du lycée nous joue quelques classiques du répertoire Jazz Big Band. Viennent ensuite les pom-pom girls, qui dansent elles, pour un show très réussi.
Susan, l’une des cheerleaders de ma classe de français, vient s’asseoir à quelques reprises pour discuter gentiment avec moi. Elle répond à mes questions après cette première semaine passée au lycée et me donne de précieux conseils.
Quand elle n’est pas assise à mes côtés, elle s’active en face de moi, avec les autres cheerleaders, et je suis là dans les gradins, ignorant tout du match qui se joue derrière elle. A chaque fois que nos regards se croisent, que son sourire se joint au mien, mon cœur s’emballe agréablement et bat d’une demi mesure supplémentaire quelques secondes durant.
Les quinze années qui me séparent de cette soirée n’ont en rien entaché le souvenir que j’en garde. Il me suffit de fermer les yeux pour pouvoir recroiser son regard et son sourire si simple, si touchant.
Ce soir d’été 1990, mon cœur s’est emballé pour une ravissante cheerleader partageant ma classe de Français. Pour la petite anecdote, les Warriors ont gagné leur match sur un score de 10 à 7.
08:00 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.11.2006
Les devoirs
C'est en classe de Government que j'effectue mon premier devoir noté. Il s’agit de phrases à trous, de définitions et autres questions ne demandant aucun effort de rédaction.
Je stresse un peu à cause de la quantité de devoirs qui nous sont donnés à la maison.
Je découvrirai vite que pour l’essentiel, cela consiste en de la lecture appliquée, avec une feuille de lecture sur laquelle figure des questions simplissimes. Et quand je parle de lecture, cela ne dépasse généralement pas les quinze pages.
12:20 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Un allemand, un danois et une mexicaine
Par le biais d’un copain de ma classe d’anglais, Jason, je fais la connaissance de Wolfgang S. qui, comme le laisse présumer son prénom, est allemand. Il est Exchange Student comme moi.
J'apprendrai plus tard que nous sommes en tout quatre étudiants étrangers, une mexicaine et un danois complétant le tableau. Quatre nationalités différentes pour respecter le principe de l'immersion totale.
07:45 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Deux cheerleaders et une pom-pom girl
Deuxième jour d'école sous une chaleur accablante, cette fois les cours ont réellement commencé. J'entame avec Earth Sciences, dans une salle de classe décorée par Mr Kasey, lui-même, d'une façon extravagante : un vrai laboratoire à la Docteur Frankenstein. Une sono jouant une chanson en rapport direct ou lointain avec le cours nous accueille (comme ce sera le cas chaque matin).
Le cours de sport m'a carrément bluffé. C'est une femme qui fait cours, mais nous devons tout de même l'appeler "Sir", et dire "Yes Sir" quand on lui répond par l'affirmative. La séance commence par des échauffements dirigés où nous comptons à voix haute tous ensemble. Pour compléter le tableau, nous devons toutes et tous porter la même tenue : t-shirt blanc, short rouge et chaussettes blanches (les couleurs de l'école). Toute entrave à ce règlement est sanctionnée par des pompes. Ca fait très militaire mais les élèves étant déjà formatés et la séance se déroulant dans une ambiance détendue, cette discipline passe plutôt bien. Pour ma part, je considère que cela contribue à mon dépaysement.
En government, comme son nom l'indique, on étudie le fonctionnement administratif et législatif américain. Comme sa définition le laisse présumer, c'est barbant. Le cours d'histoire va en revanche certainement m'intéresser beaucoup plus.
Je suis agréablement surpris de voir que les quatre élèves composant ma classe de Français sont quatre ravissantes jeunes filles dont une pom-pom girl , Amanda M., et deux cheerleaders, Christine D et Susan S.
Je ne sais pas encore que l'une d'entre elles va prendre une place importante dans mon aventure.
Mes allers-retours à mon casier entre chaque cours me permettent de croiser de nombreux visages déjà rencontrés. Ici pas de bise pour dire bonjour, une simple exclamation "Hi!" suffit.
00:00 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.11.2006
La rentrée
Levé à 5h45, je pars pour le lycée une heure plus tard. Je découvre un établissement où les couloirs bordés par de longues rangées de casiers, sont gorgés d'étudiants faisant des allers-retours incessants.
Pour cette première journée, les lycéens sont répartis, selon leur année d'étude, dans des classes de permanence. C'est une jeune professeur, Miss Mueth, qui est responsable de notre classe. Intimidé, je me présente et suis invité à prendre place. Elle m'explique que tout au long de cette journée, il va être procédé à différentes formalités et que mon point de chute devra toujours être cette salle. Il fait très chaud et sans climatisation, on souffre quelque peu. Enfin la voix du proviseur résonne dans les hauts-parleurs situés dans chaque salle de classe.
On est invité tout d'abord à nous rendre au gymnase afin d’être pris individuellement en photo. Plus tard dans la matinée, les 400 élèves de terminale sont conviés dans l’auditorium du lycée (gigantesque !), pour recevoir les souhaits de bienvenue du Proviseur et de l’équipe administrative.
Les grandes lignes de cette année cruciale qui va être ponctuée de nombreuses cérémonies, nous sont énoncées. Le point d’orgue de cette dernière année de lycée étant bien entendu la remise des diplômes.
On nous avertit également des dangers de la drogue et de l'alcool au volant, en nous informant que l'an dernier cinq étudiants sont morts pour avoir nier ces dangers.
De retour en salle de permanence, Miss Mueth nous propose un Pictionnary. Chouette jeu, au cours duquel mes médiocres talents de dessinateur font tomber les barrières de la langue. Je discute d'ailleurs avec un type qui m'explique que les françaises ont la réputation d'être sophistiquées, allumeuses et de ne pas se raser sous les bras. Joli portrait…
Sinon, les personnes qui m'abordent sont assez sympathiques et plutôt ravies de s'entretenir avec un étudiant français.
Pour aller manger à la cantine, les élèves sont répartis en trois groupes, ce afin d'éviter les trop longues files d'attente. En dehors du menu de base, il est possible d'acheter des suppléments, tous sucrés ou salés, et en tous les cas d'une qualité diététique médiocre. Pour aujourd'hui, en tous cas, je me contente de ma pseudo pizza, de mon pudding au chocolat et de ma brique de jus d’orange.
En début d'après-midi, les cours achevés, je prends un de ces fameux bus jaunes pour rentrer à la maison. Dawn, que je n'avais pas revu depuis sa journée d'anniversaire, nous rend visite. Elle ne fréquente pas le même lycée que nous.
Plus tard, on me conduit dans un magasin de sport pour que je puisse m'acheter un beau blouson de baseball d'un rouge pétant, (Si pétant que je ne porterai que très rarement…).
22:40 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le dernier week-end
Dernier week-end avant la rentrée scolaire, on ne peut pas dire que je profite de ces derniers instants de liberté pour faire des choses particulières. Cette rentrée ne me procure pas de boule dans l'estomac comme les précédentes. Au contraire, je suis excité à l'idée de découvrir cette vie de lycéen relatée dans tant de séries télé.
Alors je savoure simplement ces choses de la vie quotidienne au goût si différent de ce que je connaissais jusqu'à maintenant et goûte au tacos made in USA pour la première fois.
07:55 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.11.2006
Le gazon
Une fois encore, la leçon donnée à ma famille par les organisateurs est mise en application : je suis de corvée. Il s'agit cette fois de tondre la belle pelouse située à l'arrière de la maison, ce qui ne me pose aucun problème compte tenu de mon expérience en ce domaine.
Afin de m'en acquitter de la meilleure façon qui soit, je dompte rapidement la tondeuse à essence et m'applique à passer et repasser en chaque endroit.
Au final, je suis plutôt satisfait de moi-même et, après avoir rangé le terrible engin, remonte à la maison pour prendre ma limonade bien méritée. Le père de famille observe avec moi le résultat de la baie vitrée mais n'est pas complètement satisfait du travail effectué. En effet, il me fait remarquer que les traces laissées par la tondeuse ne sont pas toutes bien parallèles, ce qui fait négligé. Sacrilège!…
22:15 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La question
Mellinda et moi-même nous rendons au lycée pour un entretien avec un chargé d’orientation. Il défini avec moi mon emploi du temps pour le premier semestre, en fonction de mes goûts et des exigences d’Aubert Ermisse Tours.
Chaque jour, ce sont les mêmes cours qui s’enchaînent de 7h30 à 14h30 avec une pause de trois quart d’heure pour le déjeuner. Seule la séance de sport est remplacée deux fois par semaine par une permanence.
Je suis présenté à la prof de français, Miss Mueth. C'est un vrai plaisir que de pouvoir parler un peu français avec elle, ce d’autant plus qu'elle n’a aucun accent. Elle me demande si je m'entends bien avec Mellinda et ses parents. Cette question m'intrigue quelque peu mais je lui réponds que pour le moment tout se passe correctement.
Apprenant que mon emploi du temps comprend son cours de Français de niveau 4, elle me dit être ravi de pouvoir ainsi compter chaque jour sur moi pour animer celui-ci.
La plupart des cours sont répartis en différents niveaux correspondants aux années d'étude en la matière. Ainsi, les élèves inscrits en Français – niveau 4, sont ceux qui entament leur quatrième année d'étude. Cette année sur plusieurs centaines de seniors (c'est à dire d'élèves en dernière année de lycée), seuls quatre sont inscrits dans cette classe : preuve de la difficulté de notre langue pour ces chers américains.
Je rencontre également la prof de Governement (cours imposé par Aubert Ermisse Tours) et surtout un étrange individu qui avec sa blouse blanche, ses grosses lunettes et son crâne chauve, a tout du savant fou. Il s'agit du professeur d'Earth Sciences, Mr Kasey.
Le contact avec ces professeurs est réellement cordial, ce qui me change du relationnel entretenu avec les enseignants de mon lycée en France.
21:40 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La match de baseball
On nous a certainement prévenu au cours de la réunion d’information à Chicago que la rentrée scolaire se faisait plus tôt ici qu’en France, mais ça non plus je ne l’avais pas compris. Je suis donc très surpris d’apprendre que les cours reprennent lundi prochain, soit une semaine seulement après mon arrivée. Demain, nous avons rendez-vous avec un conseiller d'orientation pour établir nos emplois du temps.
Nous effectuons une nouvelle virée très sympathique à SAINT-LOUIS. Sur un marché, je découvre de nombreux produits dérivés à l’effigie d’un personnage au look rebutant. Il s’agit de Bart Simpson, alors inconnu en France et véritable phénomène ici. Je goûte avec délice à ma première part de fudge (un gâteau au chocolat ultra chocolaté, succulent à souhait).
La journée se termine en apothéose avec une très belle surprise : j’assiste à mon premier match de baseball. L’arrivée au Bush Stadium, la grimpette dans ses entrailles pour atteindre les sièges surplombant ce diamant d’un vert nickel, les tenues des joueurs d'un blanc immaculé, les gigantesques écrans géants, constituent un tout vraiment jouissif. Je touche à un autre de mes rêves, un de ces bonheurs qui vous arrachent des larmes aux yeux.
L’équipe locale, les Saint Louis Cardinals’ s'incline devant les Braves d’Atlanta, mais cette défaite n’entache nullement la magie de cette soirée.
18:35 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La corvée de voiture
Les organisateurs nous avaient bien expliqué que les familles d’accueil étaient toutes bénévoles et qu’il ne fallait pas se comporter comme un invité mais comme un membre à part entière de la famille, ce afin de ne pas rapidement devenir un boulet et s'intégrer plus facilement.
Et bien, ils ont dû également expliquer cela aux dites familles car aujourd’hui, je reçois une mission important : laver la voiture.
12:20 Publié dans Une année USA (août 90) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
